Classé monument historique en 1987, la villa gallo-romaine d’Andilly-en-Bassigny a la particularité d’être le seul de ce type visitable dans l’Est de la France. On compte tout au plus, aujourd’hui, une douzaine de villae visitables en France.

À mi-chemin entre Langres, la capitale des Lingons, et le sanctuaire thermal de Bourbonne-les-Bains, la villa gallo-romaine d’Andilly-en-Bassigny est construite au cours du 1er siècle après J.-C. avec des matériaux propres au mode de construction romain et selon un plan caractéristique : un corps de logis comprenant de nombreuses pièces d’habitation ainsi que des thermes privés et des jardins d’agrément ; et une partie agricole dévolue au stockage des outils et des récoltes, ainsi qu’aux animaux de basse-cour et d’élevage.

Implantée à proximité des voies romaines, à flanc de colline, la villa succède peut-être à une occupation gauloise dont l’importance est difficile à déterminer, quelques objets de cette époque ayant été découverts. Au cours du second siècle, les remaniements et agrandissements du site suggèrent une prospérité remarquable de l’exploitation, ce qui est manifeste par la richesse de la décoration de la partie résidentielle : les fragments mis au jour par les fouilles permettent de reconstituer des pièces décorées d’enduits peints, de mosaïques, de pavages de marbre.

Une villa est un type d’habitat propre à l’Italie romaine qui se développe en Gaule dans le courant du Ier siècle de notre ère.

Située au cœur du domaine foncier d’un propriétaire terrien, une villa est un ensemble composé de deux groupes de constructions : les bâtiments d’habitation, affichant un certain luxe (nombreuses pièces, jardins, thermes, colonnades…) et les bâtiments d’exploitation comprenant étables, greniers à blé, basse-cour, ateliers…

Si des milliers de villae ont été repérées en Gaule, grâce aux chercheurs et notamment par les photographies aériennes, la plupart sont invisibles et celles qui ont été fouillées ne le furent souvent qu’en partie.

De son abandon à sa redécouverte

Plus d’un siècle après son abandon, le site est retenu pour l’implantation d’une nĂ©cropole mĂ©rovingienne d’une centaine de tombes dans les ruines de la villa (fin du VIe, dĂ©but du VIIe siècle).

Le site sera découvert par hasard par la construction d’une ligne de chemin de fer en 1878, et partiellement fouillé à partir de 1961 par une association haut-marnaise.

Ces dernières années, des recherches utilisant des techniques nouvelles de détection ont confirmé la taille exceptionnelle du site, recouvrant dans sa totalité au moins 7 hectares de terrain.


DĂ©couvrir le site