Le 28 mai à Illoud, au sein de La Divine fromagerie, une réunion stratégique s’est tenue autour du « Plan herbe », réunissant le Conseil départemental de la Haute-Marne, la Chambre d’agriculture de Haute-Marne et l’Agence de l’eau. Cette rencontre avait pour objectif de poser les bases d’une démarche collective visant à préserver et renforcer les systèmes d’élevage à l’herbe, en les inscrivant dans une vision durable, au-delà des dispositifs d’accompagnement limités dans le temps.
Plan Herbe. Un nom un peu curieux, pour désigner une démarche essentielle de réflexions autour de la préservation de l’élevage, l’impact économique, la qualité du lait et de la viande, la biodiversité, la lutte contre le ruissèlement…
A l’occasion d’une réunion à Illoud, les échanges entre les interlocuteurs ont mis en lumière les nombreux enjeux auxquels sont confrontés les éleveurs et professionnels des filières. Parmi eux, la présence croissante du loup constitue une menace partagée, qui modifie profondément les pratiques. Cette évolution va à l’encontre des objectifs poursuivis en matière de biodiversité, de santé animale et de stockage du carbone, autant d’atouts pourtant reconnus des systèmes herbagers.
Le rôle des exploitations dans la préservation de la qualité et de la quantité de la ressource en eau a également été souligné. Une cellule technique ruissellement (CTR) à l’instar de celle qui existe pour le bassin Marne Amont, regroupant le Département, la Chambre d’Agriculture et le Syndicat mixte de la Marne et de ses affluents (SMBA), pourrait voir le jour sur le Bassin Meuse Amont. Les surfaces en herbe apparaissent comme un levier essentiel pour limiter l’érosion et améliorer l’infiltration des eaux. Dans cette optique, des initiatives comme le développement des haies, de marres pourraient être encouragées à l’échelle du Bassigny.
Autre levier clé : l’accompagnement technique des exploitants, avec le besoin de renforcer les équipes de conseillers pour mieux gérer les surfaces en herbe. Par ailleurs, la question de la valorisation de l’image de l’élevage à l’herbe a été largement discutée. Il s’agit de mieux communiquer auprès des consommateurs sur les bénéfices de ces pratiques, en lien avec leurs attentes en matière de santé, d’environnement et de bien-être animal.
Cette dynamique passe aussi par l’éducation et la sensibilisation du jeune public, futurs citoyens et consommateurs mais aussi les nouveaux arrivants. Des dispositifs comme les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), notamment à travers la restauration collective, pourraient jouer un rôle structurant en favorisant une alimentation issue de filières à l’herbe.
Enfin, les discussions ont ouvert des pistes d’innovation, comme l’intégration de l’herbe dans des démarches de méthanisation vertueuse ou encore le renforcement de l’autonomie fourragère des exploitations via la remise en herbe de certaines surfaces.
L’ensemble de ces réflexions converge vers un objectif commun : construire un plan d’action cohérent, partagé par tous les acteurs, afin de soutenir durablement les filières herbagers. Ce travail collectif doit aboutir à la formalisation d’un document commun, engageant les partenaires autour d’actions concrètes et coordonnées.
La diversité des participants, la richesse des compétences de chacune et de chacun, ainsi que la qualité des échanges ont permis de prendre de la hauteur, de croiser les problématiques et de dégager des priorités.